Froid (16/11/2011)

Quel froid dans les chambres dans mon autrefois personnel. Le givre dessinait de grandes figures sur les vitres des fenêtres. Pas question de mettre du chauffage. Les radiateurs bricolés par mon père étaient réservés aux pièces de vie. Il les fabriquait avec des tubes d'éternit, sur lequel il enroulait des boudins de fils (de cuivre ?), portés au rouge lorsqu'on les branchait. Aucune sécurité, mais personne, par chance, ne s'est jamais brûlé. Quant à la consommation, n'en parlons même pas. Mais mon père avait construit une mini centrale électrique sur le torrent, et ne regardait pas défiler les kilowatts, d'ailleurs nous n'avions pas de compteur. Il arrivait pourtant qu'il faille couper tout ce qui était branché (cuisinière, chauffe-eau, radiateurs, étuves du gazo), car le voltage baissait dangereusement. On voyait la lumière décliner, l'aiguille du voltmètre penchait vers la gauche, et il fallait que quelqu'un descende à "l'usine" à toute vitesse pour faire les gestes techniques indispensables, en premier lieu enlever les feuilles qui obstruaient la grille d'arrivée d'eau, au bout du canal de dérivation. Mon père n'a jamais installé de rateau mécanique. Je devenais introuvable dès que la lumière baissait, tant j'avais peur d'être obligée de traverser le torrent sur la passerelle branlante, surtout à la nuit tombée. Donc, pour reprendre, des chambres glaciales, la toilette ultra rapide, et les vêtements froids à enfiler (impression d'humidité...), surtout le lundi matin, vers les 5 heures, quand il fallait se préparer avant d'aller prendre le car, destination l'internat. On pouvait, à la rigueur, brancher de petits radiateurs paraboliques pendant qu'on se lavait, mais franchement, ils ne chauffaient guère ! Oserais-je dire que je regrette les grandes fleurs de givre sur les vitres ? C'était tellement beau...

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